En effet, en accélérant le rythme des contrats aidés, afin de réduire le chômage massif des moins de 26 ans, plusieurs constats méritent notre attention. D’une part, il est étonnant d’observer que cette accélération coïncide avec les prochaines élections présidentielles et législatives.
L’Etat décide, à la veille de ces élections de décupler le nombre des contrats aidés pour répondre à une urgence sociale sans pour autant qu’un contrôle, à priori et à postériori ait été réalisé sur les contrats déjà attribués par le passé. Alors que de nombreuses voix se sont élevées l’année derrière pour demander à l’Etat l’instauration d’un contrôle strict et objectif et une répartition plus harmonieuse, force et de constater qu’un an après nos revendications et mobilisations, les erreurs du passé se reproduisent inlassablement.
D’autre part, il est fort dommage que les émeutes et les mobilisations plurielles ont contraint l’Etat à cette accélération et cette multiplication des contrats aidés. Enfin, une réflexion sur les handicaps structurels majeurs liés à notre éloignement géographique et à notre départementalisation, renforcerait l’idée d’une adaptation plus renforcée des mesures étatiques hexagonales à notre économie insulaire. Le cœur du problème réside dans la gouvernance d’une très petite économie insulaire à bout de souffle.
Malgré l’intérêt grandissant du recours aux contrats aidés, ces derniers posent en filigrane un certain nombre de problèmes qui tôt ou tard devront être réglés. Dès lors, l’analyse ci-après a pour objectif de brosser les avantages et les inconvénients du recours massif et unique aux contrats aidés.
Les avantages :
- permet aux jeunes d’accéder à un premier emploi rémunéré tout lui permettant de devenir un acteur socio-économique ;
- favorise la socialisation professionnelle ;
- lorsque la mise en place d’une formation est réelle, développe les compétences techniques et le savoir être du bénéficiaire ;
- permet de sortir du dispositif du RSA, des minimas sociaux pour ceux qui en bénéficient et d’être éligibles aux Assedic ;
- permet aux collectivités et associations d’obtenir des Aides directement liées à l’embauche.
Les inconvénients :
- ll s’agit d’un contrat à durée déterminée donc d’un contrat précaire (3 mois, 6 mois, 1 ans voire 2 ans) ;
- le recours aux contrats aidés est souvent pour un emploi non ou peu qualifié. Se pose la question alors de l’employabilité du bénéficiaire à l’issue du contrat ;
- si la contractualisation du contrat aidé ne s’accompagne pas d’une formation qualifiante voire « diplômante » l’objectif d’insertion reste vain ;
- absence de valorisation des potentiels du bénéficiaire ou l’utilisation à minima du potentiel humain, pas de développement humain durable ;
- les salaires ne sont pas élevés compte tenu de la durée du travail à temps partiel (exemple : 652€ pour 20 heures hebdomadaire) ;
- aucune perspective d’insertion durable dans l’emploi et dans la société ;
- le non renouvellement du contrat engendre un sentiment de frustration ;
- constitue un instrument électoraliste qui ne favorise pas l’émergence d’un équilibre démocratique ;
- les critères d’attribution sont subjectifs et laissés à l’appréciation des élus ;
- du fait de la précarité et du faible revenu, le bénéficiaire ne peut contracter aucun prêt auprès des organismes financiers (achat de voiture, maison,…), ni envisager de louer un appartement ou prendre son indépendance. Aucune perspective économique ;
- les contrats sont des pis-aller.
Les menaces
- la valeur du travail et de l’effort risque d’être dévalorisée ;
- la dignité humaine risque d’être sérieusement égratignée ;
- révoltes, émeutes révolution et crise sociale, implosion sociale ;
- déstabilisation de la cohésion sociale.
- les contrats aidés constituent un réservoir de vote pour les élus qui n’ont aucune perspective d’avenir pour ces bénéficiaires ;
- le recrutement via les contrats aidés peut constituer une Relation de servitude ;
- la précarité est reportée aux lendemains ;
- la problématique de l’emploi n’est pas résolue ;
- engendre de la frustration et de désenchantement si non renouvellement du contrat= rancœur ;
- l’éclatement de la démocratie.
- sentiment pour les bénéficiaires d’être des sans valeurs qui ne peuvent bénéficier que des contrats aidés (un p’tit contrat).
- d’être considérés comme des faires valoir électoraux soumis au diktat des élus
- le regard de la société sur la représentation sociale du contrat aidé= ils peuvent être considérés comme des sous citoyens ;
- sentiment d’être des laissés pour comptes de la société ;
- favorise l’émergence d’une relation aliénante (soumission psychologique) pouvoir d’un élu sur le bénéficiaire en créant une zone d’incertitude (le bénéficiaire ne sait pas si son contrat sera renouvelé).
Les opportunités
- Les contrats aidés doivent constituer un tremplin vers l’emploi pérenne et durable ;
- chacun doit faire preuve de volonté de se réaliser à travers d'un emploi ;
- doit favoriser l’adoption d’attitudes comportementales professionnelles en terme de socialisation (respecter des règles et des consignes professionnelles, arrivée à l’heure, respect de la hiérarchie….) ;
- faire émerger des talents, des dons ou des savoir-faire cachés ;
- doit favoriser l’évaluation des compétences des bénéficiaires par une cartographie des compétences et d’un bilan de compétences à l’issue des contrats pour optimiser l’insertion durable.
Dès lors et au regard des nombreux points négatifs énoncés dans la grille précédente, l recours massif et répétitif uniquement à des fins électorales ne constitue pas une réponse à la problématique de l’emploi des jeunes. Le recrutement des jeunes par le truchement des contrats aidés sans lendemain ne constitue pas une réponse à l’insertion durable. Les contrats aidés sont incontestablement des bouffées d’oxygène devant conduire inexorablement vers un emploi pérenne.
Il est donc essentiel de proposer de vrais contrats pérennes en CDI aux jeunes réunionnais. Des niches d’emploi sont possibles et les propositions suivantes sont de nature à optimiser l’insertion durable des chômeurs. Tout repose sur le concept d’optimisation des atouts de notre Île.
Par exemple, la Création d’emplois pérennes dans le domaine du Tourisme pourrait constituer une première réponse par la mise en place des facilitateurs de randonnées, créateurs de soirées à thèmes et animateurs d’ambiances, des accompagnateurs des sites historiques. Dans le service à la personne, des emplois pourront émerger. Les services aux collectivités et aux bailleurs seront constitueront des pistes porteurs d’emplois.
L’agriculture et notamment le maraichage ainsi que les nouvelles technologies et la culture seront des secteurs d’activité non négligeables. La création d’une pépinière jeunes ou l’exonération totale des charges patronales durant les trois premières années sont autant de pistes à privilégier. Des propositions concrètes et détaillées dans Le cadre de réalisations opérationnelles en matière d’emplois ont fait l’objet de réflexions très approfondies par la candidate que je suis et par le Parti Génération Solidarité.
Nos jeunes chômeurs ne doivent pas être les « victimes expiatoires » de l’absence de gouvernance ou d’inactions des politiques de l’emploi. Les acteurs politiques et socio-économiques gagneraient à se concerter dans chaque commune afin que les clauses d’insertion sociales contenues dans le CTP des marchés publics soient scrupuleusement respectées au travers d’un dispositif de suivi pour qu’enfin, l’articulation de l’économique et du social soit une réalité et non un mythe, une gageur voire une promesse électorale sans lendemain.
L’Etat décide, à la veille de ces élections de décupler le nombre des contrats aidés pour répondre à une urgence sociale sans pour autant qu’un contrôle, à priori et à postériori ait été réalisé sur les contrats déjà attribués par le passé. Alors que de nombreuses voix se sont élevées l’année derrière pour demander à l’Etat l’instauration d’un contrôle strict et objectif et une répartition plus harmonieuse, force et de constater qu’un an après nos revendications et mobilisations, les erreurs du passé se reproduisent inlassablement.
D’autre part, il est fort dommage que les émeutes et les mobilisations plurielles ont contraint l’Etat à cette accélération et cette multiplication des contrats aidés. Enfin, une réflexion sur les handicaps structurels majeurs liés à notre éloignement géographique et à notre départementalisation, renforcerait l’idée d’une adaptation plus renforcée des mesures étatiques hexagonales à notre économie insulaire. Le cœur du problème réside dans la gouvernance d’une très petite économie insulaire à bout de souffle.
Malgré l’intérêt grandissant du recours aux contrats aidés, ces derniers posent en filigrane un certain nombre de problèmes qui tôt ou tard devront être réglés. Dès lors, l’analyse ci-après a pour objectif de brosser les avantages et les inconvénients du recours massif et unique aux contrats aidés.
Les avantages :
- permet aux jeunes d’accéder à un premier emploi rémunéré tout lui permettant de devenir un acteur socio-économique ;
- favorise la socialisation professionnelle ;
- lorsque la mise en place d’une formation est réelle, développe les compétences techniques et le savoir être du bénéficiaire ;
- permet de sortir du dispositif du RSA, des minimas sociaux pour ceux qui en bénéficient et d’être éligibles aux Assedic ;
- permet aux collectivités et associations d’obtenir des Aides directement liées à l’embauche.
Les inconvénients :
- ll s’agit d’un contrat à durée déterminée donc d’un contrat précaire (3 mois, 6 mois, 1 ans voire 2 ans) ;
- le recours aux contrats aidés est souvent pour un emploi non ou peu qualifié. Se pose la question alors de l’employabilité du bénéficiaire à l’issue du contrat ;
- si la contractualisation du contrat aidé ne s’accompagne pas d’une formation qualifiante voire « diplômante » l’objectif d’insertion reste vain ;
- absence de valorisation des potentiels du bénéficiaire ou l’utilisation à minima du potentiel humain, pas de développement humain durable ;
- les salaires ne sont pas élevés compte tenu de la durée du travail à temps partiel (exemple : 652€ pour 20 heures hebdomadaire) ;
- aucune perspective d’insertion durable dans l’emploi et dans la société ;
- le non renouvellement du contrat engendre un sentiment de frustration ;
- constitue un instrument électoraliste qui ne favorise pas l’émergence d’un équilibre démocratique ;
- les critères d’attribution sont subjectifs et laissés à l’appréciation des élus ;
- du fait de la précarité et du faible revenu, le bénéficiaire ne peut contracter aucun prêt auprès des organismes financiers (achat de voiture, maison,…), ni envisager de louer un appartement ou prendre son indépendance. Aucune perspective économique ;
- les contrats sont des pis-aller.
Les menaces
- la valeur du travail et de l’effort risque d’être dévalorisée ;
- la dignité humaine risque d’être sérieusement égratignée ;
- révoltes, émeutes révolution et crise sociale, implosion sociale ;
- déstabilisation de la cohésion sociale.
- les contrats aidés constituent un réservoir de vote pour les élus qui n’ont aucune perspective d’avenir pour ces bénéficiaires ;
- le recrutement via les contrats aidés peut constituer une Relation de servitude ;
- la précarité est reportée aux lendemains ;
- la problématique de l’emploi n’est pas résolue ;
- engendre de la frustration et de désenchantement si non renouvellement du contrat= rancœur ;
- l’éclatement de la démocratie.
- sentiment pour les bénéficiaires d’être des sans valeurs qui ne peuvent bénéficier que des contrats aidés (un p’tit contrat).
- d’être considérés comme des faires valoir électoraux soumis au diktat des élus
- le regard de la société sur la représentation sociale du contrat aidé= ils peuvent être considérés comme des sous citoyens ;
- sentiment d’être des laissés pour comptes de la société ;
- favorise l’émergence d’une relation aliénante (soumission psychologique) pouvoir d’un élu sur le bénéficiaire en créant une zone d’incertitude (le bénéficiaire ne sait pas si son contrat sera renouvelé).
Les opportunités
- Les contrats aidés doivent constituer un tremplin vers l’emploi pérenne et durable ;
- chacun doit faire preuve de volonté de se réaliser à travers d'un emploi ;
- doit favoriser l’adoption d’attitudes comportementales professionnelles en terme de socialisation (respecter des règles et des consignes professionnelles, arrivée à l’heure, respect de la hiérarchie….) ;
- faire émerger des talents, des dons ou des savoir-faire cachés ;
- doit favoriser l’évaluation des compétences des bénéficiaires par une cartographie des compétences et d’un bilan de compétences à l’issue des contrats pour optimiser l’insertion durable.
Dès lors et au regard des nombreux points négatifs énoncés dans la grille précédente, l recours massif et répétitif uniquement à des fins électorales ne constitue pas une réponse à la problématique de l’emploi des jeunes. Le recrutement des jeunes par le truchement des contrats aidés sans lendemain ne constitue pas une réponse à l’insertion durable. Les contrats aidés sont incontestablement des bouffées d’oxygène devant conduire inexorablement vers un emploi pérenne.
Il est donc essentiel de proposer de vrais contrats pérennes en CDI aux jeunes réunionnais. Des niches d’emploi sont possibles et les propositions suivantes sont de nature à optimiser l’insertion durable des chômeurs. Tout repose sur le concept d’optimisation des atouts de notre Île.
Par exemple, la Création d’emplois pérennes dans le domaine du Tourisme pourrait constituer une première réponse par la mise en place des facilitateurs de randonnées, créateurs de soirées à thèmes et animateurs d’ambiances, des accompagnateurs des sites historiques. Dans le service à la personne, des emplois pourront émerger. Les services aux collectivités et aux bailleurs seront constitueront des pistes porteurs d’emplois.
L’agriculture et notamment le maraichage ainsi que les nouvelles technologies et la culture seront des secteurs d’activité non négligeables. La création d’une pépinière jeunes ou l’exonération totale des charges patronales durant les trois premières années sont autant de pistes à privilégier. Des propositions concrètes et détaillées dans Le cadre de réalisations opérationnelles en matière d’emplois ont fait l’objet de réflexions très approfondies par la candidate que je suis et par le Parti Génération Solidarité.
Nos jeunes chômeurs ne doivent pas être les « victimes expiatoires » de l’absence de gouvernance ou d’inactions des politiques de l’emploi. Les acteurs politiques et socio-économiques gagneraient à se concerter dans chaque commune afin que les clauses d’insertion sociales contenues dans le CTP des marchés publics soient scrupuleusement respectées au travers d’un dispositif de suivi pour qu’enfin, l’articulation de l’économique et du social soit une réalité et non un mythe, une gageur voire une promesse électorale sans lendemain.